Accueil > Enseignants-chercheurs et enseignants > Accès au corps des agrégés par liste d’aptitude
Accès au corps des agrégés par liste d’aptitude
Infos du SNESUP-FSU
lundi 30 mars 2026
Remarques et informations préalables
Des questions parvenues au SNESUP-FSU montrent un défaut d’information de certain⋅es collègues sur les modifications intervenues depuis quelques années en matière de gestion des carrières. Nous rappelons donc ici à toutes fins utiles quelques éléments importants.
- Depuis 2021, l’opacité est totale sur les critères utilisés par l’administration − rectorale comme ministérielle − pour décider de l’attribution des promotions, en raison des dispositions de la loi Transformation de la Fonction publique (TFP) de 2019 (En savoir plus sur cette loi). En effet, depuis l’entrée en vigueur de cette loi, les CAP (commissions administratives paritaires) [1] n’ont plus de compétences en matière de promotion et de mutation des agent⋅es. La transparence qui était possible auparavant (sur l’existence de règles et leur respect ou non par les décideurs) grâce aux compte-rendus faits par les représentant⋅es des organisations syndicales qui siégeaient en CAP [2] a donc complètement disparu. [3].
- Déjà avant 2021, la reconnaissance du « mérite » était chose variable [4]. Peut-on penser que cette variabilité est moindre depuis la loi TFP ?
- En matière de liste d’aptitude au corps des agrégé⋅es, les candidatures déposées sont toutes de grande qualité, mais le nombre de promotions possible chaque année est extrêmement réduit au regard du nombre de candidatures déposées [5] (et encore plus au regard du nombre de collègues qui vérifient les conditions pour déposer une candidature). Voir ci-dessous les statistiques. De surcroît, les possibilités de l’administration de reconnaître le mérite des candidat⋅es à cette promotion sont directement liées au nombre de postes mis au concours (et pourvus) précédemment [6]. Donc même si l’administration ne varie pas dans ses critères de choix, les politiques d’austérité budgétaire et de baisse du nombre de postes dans l’Éducation nationale, menées depuis plusieurs années, diminuent mécaniquement les chances d’obtenir une telle promotion (en plus de dégrader profondément les conditions de travail et d’augmenter donc le mérite des collègues à exercer leur métier dans des conditions plus difficiles).
Les informations dont dispose la FSU sur la procédure à U Lille et dans l’académie
Consignes du rectorat : il est demandé à U Lille d’interclasser 6 candidatures pour l’établissement (toutes disciplines confondues), en prenant en compte un effet mémoire des interclassements de l’année précédente. Le rectorat n’impose pas de méthode particulière pour effectuer ce classement. Les autres établissements d’enseignement supérieur de l’académie reçoivent des consignes similaires.
Ce qui est fait à U Lille :
- un groupe de travail comprenant le VP RH, accompagné de personnels des services RH, des responsables de composantes (ou services) où sont affecté⋅es des candidat⋅es et de représentant⋅es des organisations syndicales [7], effectue l’interclassement des candidatures.
Notons que l’existence de GT à U Lille pour le classement ou les avis sur les candidatures de collègues du second degré a été obtenue par le SNESUP-FSU au moment de la fusion des trois universités pré-existantes en 2018, en partie grâce à l’existence depuis longtemps dans deux d’entre elles de tels GT, obtenus aussi par les sections SNESUP-FSU de ces universités. Cela permet de vous tenir informé⋅es. Renforcer la FSU et la faire vivre est donc une nécessité pour qu’elle puisse continuer son travail de défense et d’information des personnels. Syndiquez-vous !
- le GT effectue le classement de 12 candidatures (et pas seulement 6), toutes disciplines confondues, de façon à avoir aussi un effet mémoire interne. Le reste des candidatures est ensuite classé de manière automatique selon l’ancienneté (dans le corps, le grade, l’échelon détenu, etc.). Donc voir sa candidature classée à un rang supérieur ou égal à 13 n’a aucune signification en terme de reconnaissance du "mérite" des candidat⋅es par l’établissement. Toutes les candidatures ainsi classées sont remontées au rectorat.
Ce qui se passe ensuite : plus personne ne le sait, hormis les membres de l’administration du rectorat (dont les inspecteurs pédagogiques ) qui établissent la liste des propositions académiques (environ 90), classées par disciplines, lesquelles seront remontées au ministère. Ce dernier décidera en toute opacité également de la liste des promu⋅es. Notons que les candidatures de collègues affecté⋅es dans le sup sont interclassées avec celles des collègues du secondaire dans chacune des disciplines.
Éléments statistiques
Stats U Lille :
41 candidatures (22 femmes, 19 hommes) de diverses disciplines (allemand, anglais, economie gestion, eps, espagnol, lettres modernes, mathématiques, sciences économiques et sociales, sciences de la vie et de la terre, sciences de l’ingénieur). 35 PRCE, 4 PEPS, 2 PLP.
pour 2026 : 402 nominations possibles dans le corps des agrégé⋅es, toutes disciplines confondues, au niveau national. Voir le détail par discipline
en 2025 : 1 promu⋅e à U Lille (pour un nombre similaire de candidatures et d’éligibles).
Remarque : il n’y a pas nécessairement chaque année un⋅e collègue promu⋅e à U Lille, car le nombre de promu⋅es du sup dans l’académie variait (avant la loi TFP) entre 0 et 2 selon les années (et continue probablement à être du même ordre de grandeur, même si le rectorat ne juge pas utile de tenir cette comptabilité). Et il y a plusieurs autres universités et écoles d’ingénieurs dans l’académie, où sont affecté⋅es des collègues PRCE qui candidatent aussi.
Plus d’éléments statistiques sur la campagne 2025 dans l’académie de Lille : voir ce document, élaboré par les services du rectorat (les syndicats n’étant plus en mesure de faire leurs propres statistiques, cf partie Remarques préalables ci-dessus)
[1] où siégeaient jusqu’en 2021, à parité membres de l’administration et représentant⋅es des personnels élu⋅es aux élections professionnelles, c’est à dire des militant⋅es d’organisations syndicales
[2] Sous réserve de leur lecture par les collègues, bien sûr, et de la présence d’élu⋅es prenant du temps supplémentaire sur leur vie privée pour rendre compte. Voir par exemple les archives de compte-rendus d’une élu⋅e SNESUP-FSU en CAP académique des agrégé⋅es pendant quelques années ou celles du SNES-FSU de l’académie de Lille.
[3] Et oui, les organisations syndicales, dont la FSU, ont tenté d’alerter les agents sur les effets néfastes de cette loi. Mais force est de reconnaître que les alertes syndicales n’ont pas été très entendues et que la mobilisation des agent⋅es n’a pas été au rendez-vous pour empêcher la loi d’être adoptée...Voir par exemple ce document, qui a servi de base à de nombreux tracts distribués et réunions d’information désertes ou presque.
[4] Souvent mérite varie, bien fol est qui s’y fie… Selon de multiples constats syndicaux, le « mérite » d’une même agent⋅e dépend :
• des critères utilisés pour le définir ;
• de l’évaluateur : s’il change, votre mérite peut aussi changer. Même s’il ne change pas, mais que vos relations de travail (ou inter-personnelles) se gâtent, votre mérite peut diminuer (ça s’est vu souvent !) ;
• des « concurrents » en présence ;
• de votre capacité à le faire reconnaître, et de celle de votre rapporteur à mettre en avant votre dossier dans les commissions de promotions ;
• du nombre de promotions ou primes possibles toujours fortement contraintes ;
• Du contexte d’exercice (discipline, taux d’encadrement, moyens …)
Les syndicats de la FSU dénonçaient régulièrement en CAP les dégradations non justifiées de « mérite » d’une même personne au fil des ans et parvenaient généralement, en l’absence de faute commise par la personne en question, à faire rétablir son appréciation et/ou son classement.
[5] le taux promu⋅es/candidat⋅es est de l’ordre de 2 à 3%
[6] la règle étant d’une nomination dans le corps des agrégés en année N pour 7 titularisations prononcées dans le corps des agrégés pour des reçu⋅es à l’agrégation, par concours externe ou interne, en année N-1
[7] toutes celles existant à U Lille sont invitées, mais en 2026, comme presque à chaque fois, seules la FSU et la CGT étaient représentées
FSU ULille