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Budget 2026 U Lille : les infos sur le déficit annoncé
dimanche 25 janvier 2026
Les grands équilibres du budget initial 2026 en comptabilité budgétaire
-* Des recettes de fonctionnement à hauteur de 718,3 M€, incluant une SCSP à hauteur de 550,5 M€ (en attente de confirmation)
-* Des dépenses de masse salariale à hauteur de 585,9 M€
-* Des dépenses de fonctionnement à hauteur de 177,3 M€ incluant les dotations aux amortissements
-* Un résultat négatif projeté à hauteur de 44,9 M€
-* Une insuffisance d’autofinancement évaluée à hauteur de 32,5 M€
-* Un prélèvement sur fonds de roulement qui devrait atteindre 57,6 M€
La baisse des recettes concerne tout particulièrement la subvention pour charge de service public (SCSP) qui, par étudiant, ne compense pas l’inflation cumulée depuis 2021. Ainsi, si la SCSP par étudiant était de 6556€ en 2021 (contre 6584€ en 2020), elle a progressivement augmenté pour atteindre 7250€ par étudiant en 2025, soit une augmentation de +8,9% alors que, dans le même temps, l’inflation cumulée de 2021 à 2025 selon l’INSEE était de 12,65%.
Non compensation des mesures décidées par l’État
La trajectoire budgétaire de l’université de Lille est également affectée par la succession de mesures gouvernementales qui n’ont été que partiellement compensées (cas emblématique du dégel du point d’indice en 2022 de 3,5 points qui n’a pas été compensé en 2022 sur 6 mois), avec de grandes incertitudes concernant le financement de la Protection Sociale Complémentaire (chiffré à hauteur de 1,5M €), le versement du solde du COMP (20% du total, 2,2M € en attente) ou encore la compensation de l’augmentation du CAS pension (+4 points), l’octroi systématique de 5 points d’indice majoré pour l’ensemble des agents (non compensé). Sur le moyen terme, cette non compensation grève les comptes de l’Université qui doit faire face à une augmentation importante des prix des fluides, à un chantier patrimonial colossal (rénovation des bâtiments, désamiantage, mise en sécurité des bâtiments) tout en devant assurer le versement des salaires !
Les indicateurs sont au rouge
Face à l’incertitude associée au vote du PLF 2026, le BI 2026 se base donc sur des hypothèses, en particulier l’évolution du régime indemnitaire des EC prévue par la LPR (seul 1M€ inclus au BI pour un chiffrage de 2,9M€) ou encore la compensation à hauteur de 50% de l’augmentation du CAS pension (4M€ de recettes prévues, pour un chiffrage de la mesure à 8M€). Au total, les critères de soutenabilité budgétaire sont tous dans le rouge : que ce soit le niveau de trésorerie qui est de 8,3 jours (le seuil requis est de 30 jours), le niveau de fonds de roulement (- 12 jours) ou le ratio de Dizambourg ou charges de personnel/produits encaissables (84,6% pour un seuil prudentiel de 83%). Comme le précise la note de l’ordonnateur, « un fonds de roulement négatif expose l’établissement à un risque accru de tensions de trésorerie, réduit sa marge de manœuvre pour absorber les aléas, et compromet la possibilité de financer des investissements sans recourir à des mesures exceptionnelles ».
Une année 2026 sous le signe de la lutte ?
En décembre 2023, le président menaçait de ne pas répondre à parcoursup, soit une année blanche côté étudiants. En décembre 2024, il décidait de fermer l’université une journée (différente de celle appelée par les syndicats), tandis que le CA votait fin novembre une motion à l’unanimité pour tirer la sonnette d’alarme et concluait celle-ci en prophétisant peut-être l’avenir : « Si ces revendications n’étaient pas prises en compte, l’Etat prendrait la responsabilité de contraindre les universités à n’avoir d’autres choix que de remettre en cause notre rôle d’ascenseur social du territoire, en particulier l’accueil en premier cycle nos politiques en faveur de l’épanouissement du public étudiant, à travers le sport et la culture notre politique sociale interne, vecteur d’engagement de notre communauté universitaire nos actions de recherche et de valorisation, indispensables à la contribution aux enjeux de transitions notre implication dans le développement intellectuel, social et économique du territoire ».
L’année 2026 s’annonce de tous les périls. Alors que le Sénat examinait dans la nuit du 9 au 10 décembre 2025, les crédits de la mission « Recherche et Enseignement Supérieur » du PLF 2026, le ministre Philippe Baptiste a annoncé la tenue d’Assises sur le financement des universités dès janvier, tandis qu’une sénatrice Les indépendants-République et Territoire, au nom de la commission des Finances, a déposé un amendement, retoqué, qui proposait une modulation des frais d’inscription selon les revenus du foyer fiscal auquel est rattaché l’étudiant », comme cela se pratique déjà à l’IEP de Lille ou à l’ESJ [1]. L’agenda est clair et appelle une réaction à la hauteur. L’année 2026 doit être une année de résistance.
[1] dépêche AEF n°742478
FSU ULille



