Accueil > Dossiers thématiques > Bidulex (aussi appelé "établissement-cible", EPE ou EPEX) > Referendum sur l’EPEX : rejet massif
Referendum sur l’EPEX : rejet massif
dimanche 11 avril 2021
Le personnel de l’université de Lille rejette massivement le projet d’Établissement Public Expérimental préparé par l’exécutif. Du 25 mars au 7 avril 2021, un referendum a été organisé auprès des personnels de l’Université de Lille sur la question de l’EPE. Nous remercions les 1186 personnes qui se sont exprimées. Le résultat est très explicite puisque le non a recueilli 89,6% de voix. [1]
Au-delà de ce résultat, l’organisation de ce referendum fut un moment fort de notre démocratie universitaire : malgré l’opposition de la Présidence de l’Université, malgré son refus de permettre l’utilisation de l’ENT pour la rendre possible, notre collectif a permis que soit débattu notre avenir.
Le débat se poursuit parmi les étudiants : le referendum qui leur est dédié est ouvert jusqu’au 16 avril 2021. Il était essentiel que chacun et chacune soit convenablement informé de ce projet qui, s’il était mis en œuvre en janvier 2022, ferait perdre à l’Université sa Personnalité Juridique et Morale, impacterait fortement notre quotidien, dégraderait encore nos conditions de travail, mettrait en danger notre liberté académique et notre capacité à déployer nos recherches.
L’EPE autoriserait, à terme, la hausse importante des frais d’inscription pour les étudiants, l’institutionnalisation d’une formation universitaire à double vitesse : des formations graduées fortement subventionnées pour les "élites", d’une part ; des formations dégradées de premier cycle pour la grande masse des étudiants, de l’autre. Ceci, pour n’évoquer que quelques-unes des conséquences que nous redoutons.
Nous nous réjouissons d’être parvenu.es, malgré les difficultés techniques et les contraintes imposées par la conjoncture sanitaire à organiser ce referendum. C’est grâce à notre organisation, notre réflexion et nos analyses ; grâce aux conseils de collègues d’autres universités qui ont fait face à un EPE ou le subissent ; grâce à notre vision pour une autre Université ; et grâce enfin au concours de tous les personnels qui se sont exprimés, que nous sommes parvenus à réinsuffler du débat quant à ce projet.
Au terme de la consultation, nous voyons que, très majoritairement, dès lors qu’ils s’expriment, les personnels de l’Université de Lille : administratifs, techniques et des bibliothèques, chercheurs, ingénieurs, vacataires d’enseignement, maîtres de conférences, professeurs se prononcent contre cet EPE. Le désaveu quant au projet monté par la Présidence est massif. Celle-ci devra tenir compte de notre expression collective.
Nous resterons mobilisés : nous ne sommes pas prêts à brader le service public d’enseignement supérieur, à remplacer la recherche fondamentale par de la recherche étroitement finalisée, à sortir du Code de l’Éducation, à supprimer les franchises universitaires - que les générations de nos prédécesseurs ont maintenu, envers et contre tout, depuis le XIIIe siècle - pour obtenir quelques financements incertains et inégalitaires.
Nous appelons nos représentants élus dans les instances de l’université, nos représentants syndicaux mais aussi nos représentants politiques, ainsi que les parents d’étudiants et futurs étudiants à se saisir de cet enjeu et interpeller le gouvernement et Madame la ministre Vidal à son propos. Des alternatives existent.
Le projet n’est visiblement pas mûr. Nous, acteurs de l’Université et de la Recherche, demandons un moratoire : nous sommes riches de propositions et souhaitons participer à la construction collective de l’Université et de la Recherche Publiques de Demain. A cet effet, nous avons sollicité un rendez-vous dans les jours prochains avec le Président de l’Université de Lille. Les personnels mobilisés contre l’EPE et l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Éducation
FSU ULille